Sainte-Maure-de-Touraine

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Sainte-Maure-de-Touraine : descriptif

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Sainte-Maure-de-Touraine

Sainte-Maure-de-Touraine (prononcé /sɛ̃t mɔʁ də tuʁɛn/) est une commune française du département d'Indre-et-Loire, dans la région Centre-Val de Loire. Ses habitants sont appelés les Sainte-mauriens, Sainte-mauriennes

Sainte-Maure-de-Touraine est la deuxième commune la plus peuplée de l'arrondissement de Chinon après la ville de Chinon. La commune est connue pour la fabrication d'un fromage de chèvre, le sainte-maure-de-touraine.

Géographie

Localisation

Géographiquement situé au sud du département d'Indre-et-Loire, la commune est desservie par l'autoroute A10 par la sortie no 25 et la RD910 (déclassement de l'ancienne nationale 10). Elle est située à mi-chemin entre Châtellerault et Tours. Paris est à 275 km par l'autoroute A10.

Sainte-Maure-de-Touraine, commune ayant le statut de bureau centralisateur de son propre canton, est située dans l'arrondissement de Chinon, unité administrative appartenant au département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire.

En matière de gestion administrative pour le quotidien et l'emploi de ses habitants, la ville tourangelle se trouve par ailleurs rattachée à son propre bassin de vie, mais également à la zone d'emploi de Tours, subdivisions qui concentrent respectivement 11 et 212 communes.

Communes limitrophes

Sainte-Maure-de-Touraine est délimitée, dans le sens des aiguilles d'une montre, au nord par la commune de Sainte-Catherine-de-Fierbois, distante, « à vol d'oiseau », de 5,6 km ; par Le Louroux et Bossée, villes respectivement distantes de 13,8 km et 8,4 en direction du nord-est ; par la commune de Sepmes, située à 6,4 km en direction de l'est ; par la ville de Draché, localisée à 6,4 km en direction du sud-est ; par la commune de Maillé, distante de 7,3 km en axe sud ; par la ville de Pouzay, située à 7,2 km, en direction du sud-ouest ; par Noyant-de-Touraine, distante de 4,4 km, en axe ouest ; et par la commune de Saint-Épain, localisée à 7,1 km en direction du nord-ouest.

Communes limitrophes de Sainte-Maure-de-Touraine
Saint-Épain Sainte-Catherine-de-Fierbois Le Louroux, Bossée
Noyant-de-Touraine Sainte-Maure-de-Touraine Sepmes
Pouzay Maillé Draché


Géologie et relief

Sainte-Maure-de-Touraine se développe sur une superficie totale de 40,41 km2, son altitude s'échelonnant entre une valeur minimale de 58 m et une cote maximale de 122 m.

Globalement, le territoire communal s'établit à la charnière de l'extrémité sud du Bassin parisien (partie méridionale de la Touraine) et des marges septentrionales du Poitou. La plaine alluviale de la Vienne creuse un sillon de 3 km de large. La région de Sainte-Maure est caractérisée par la présence d'un vaste plateau qui se développe dans les parties est et nord-est. Au sud et sud-ouest, ce relief présente une sensible déclivité incisée par les vallées de la Manse et l'Esves. En outre, le plateau saint-maurien repose sur un substratum de nature turono-sénoniennne et arrive aux contacts du bassin falunien de Manthelan (formé à l'Helvétien), situé au nord-est, et de la dépression sédimento-lacustre de Neuilly-le-Brignon, établie au niveau de ses marges sud-orientales.

La plus ancienne formation géologique du sous-sol saint-maurien pouvant être caractérisée est indexée au Jurassique. Localement, cette assise lithostratigraphique affecte des points de concordance avec le socle armoricain. Les sondages effectués sur des étages sédimentaires s'échelonnant du Briovérien au Silurien, essentiellement composés de schistes et de quartzophyllades, ont permis de révéler deux éléments significatifs : d'une part, dans la partie nord-ouest, la présence d'un massif géologique intrusif (discordant) issu de la batholite du Saumurois et se développant jusque dans le synclinorium d'Angers ; et d'autre part, dans la partie sud, l'existence de bassins permo-carbonifères, dont les caractéristiques sont proches de ceux observés à Ligueil et Ciran. Ces bassins, qui impriment au sous-sol des zones de creux ultérieurement remplies par l'apport d'éléments d'érosion, résultent de l'orogénèse hercynienne. Les plus anciennes strates sédimentaires, qui présentent de nombreuses failles ont été soumises à d'importants phénomènes d'érosion et de plissement. Les couches sédimentaires les plus récentes manifestent, quant à elles, de sensibles déformations induites par l'anticlinal de Richelieu, le synclinal de Chinon / Descartes, l'anticlinal de Ligueil et la partie méridionale du synclinal d'Esvres.

Les zones affleurentes les plus anciennes, superposées à l'assise du Jurassique supérieur se sont formées au cours du Cénomanien (marqué « c1-2 »). Ces couches sédimentaires présentent des discordances et des transgressions (apparaissant sous forme de subsidences), lesquelles sont dues aux submersions survenues cours du Crétacé supérieur. Cet étage stratigraphique est constitué, au niveau médian, de sables de Vierzon (« c1-2a ») apparaissent à l'extrémité sud-ouest de Sainte-Maure. Ils sont composés de sables de type glauconieux et quartzeux. La strate des sables de Vierzon, s'étendant en axe oblique, comporte de nombreux fossiles, notamment des restes d'Exogyra columba, d'Ostrea suborbiculata, de plusieurs espèces de Terebratella ainsi que d'Ectoprocta. Le Crétacé saint-maurien observe également une strate supérieure de roches marnières à Ostreidæ (« c2 b »), composées de marnes à caractère glauconieux comportant des restes de foraminifères et de calcaires bioclastiques ; et des couches inférieures formées au Turonien (« c3 ») caractérisées par la présence de craie de couleur blanche à Inoceramia, de tuffeau blanc et jaunâtre et de roches sédimentaires détritiques. La strate formée au cours du Sénonien (« c4-6S »), composée de trois types de roches à dominante d'argiles de couleur blanche amalgamées à des silex et des Poriferæ à membrane siliceuses. Au sein de cette strate, qui complète l'étage daté du Crétacé, des sables quartzeux ont été également mis en évidence.

Les affleurements attribués aux époques de l'Éocène et de l'Oligocène, à caractère détritique, sont représentés par 3 faciès : une argile plurichromatique associée à du silex et des fossiles spongiaires sénoniens remaniés (« eA »), un faciès essentiellement rencontré à l'extrémité sud-est de Sainte-Maure ; des conglomérats, dénommés « perrons », comportant également du silex lié à des éponges fossilisées datées du Sénonien (« eP »), roches disséminées sur la totalité du territoire communal, bien que possédant une plus forte densité au nord-est ; et enfin des dépôts constitués de calcaires et marnes lacustres meuliérisés (« e7b-g1 »), le tout probablement formé au Ludien supérieur / Stampien inférieur (mais de type Sannoisien certain) et se trouvant au cœur du synclinal de Descartes.

Les limons des plateaux (« LP ») sont disposés en arc de cercle dans les marges nord-ouest nord-est et sud-est du territoire communal. Ces dépôts du Quaternaire, composés d'un agglomérat de sables, de graviers, d'éléments limoneux et d'argiles à faibles diamètres granulométriques, prennent appui sur une assise faite d'un cailloutis de 1 à 10 cm d'épaisseur.

Enfin, deux placages d'alluvions anciens, constitués de sables, de graviers et de galets (« Fu »), sont respectivement situés à l'ouest et au sud-ouest de Sainte-Maure et établis à plus de 40 m au-dessus de la Manse à son niveau d'étiage.

Hydrographie et hydrologie

Le territoire communal est irrigué par la Manse, un affluent de la Vienne dont le parcours évolue sur une longueur de 30,5 km. La commune est également irriguée par le Courtineau, un rû de « classe 4 » qui délimite le territoire de Sainte-Maure avec celui de Saint-Épain. Il se développe sur une longueur totale d'environ 10,7 km, prenant sa source à Louans, traverse la ville de Sainte-Catherine-de-Fierbois et vient se jeter dans la Manse, à la frontière extrême-ouest de Sainte-Maure. Les mesures hydrologiques de ce ruisseau, cours d'eau, qui possède un coefficient de Pardé — ou « Pk », autrement dit le rapport du débit mensuel sur le module — estimé à 994 855,022, sont relevées au niveau de la station de Sainte-Maure, située en aval du pont du « chemin Souvres ».

Les données hydrologiques de la Manse, rivière dont le bassin versant se déploie sur une superficie de 186 km2, sont observées au niveau de la station de Crouzilles (lieu-dit de « la Couture »), établissement ouvert depuis le . Sur une période de 944 jours (période d'observation effectuée de 2015 à 2017), le régime de la Manse présente un régime variant entre une valeur minimale de 0,186 m3/s et une valeur maximale de 7,230 m3/s. Pour la même période, le débit instantanné maximale de la rivière tourangelle est estimé à 18,70 m3/s, tandis que son régime journalier maximal est de l'ordre de 13,30 m3/s. En , le niveau de ce cours d'eau a été jaugé à une hauteur maximale de 1,52 m.

Le réseau hydrographique de Sainte-Maure est complété par de petits cours d'eau, dont la « Manse de Mareille », également dénommée « ruisseau de Souvres » ; le ruisseau de la Jugeraie ; et enfin le rû du Puchemin. Ces trois ruisseaux font partie du bassin de la Manse.

Quatre zones humides ont été répertoriées sur la commune par la direction départementale des territoires (DDT) et le conseil départemental d'Indre-et-Loire : « la vallée de la Manse de Sainte-Maure-de-Touraine à Saint-Epain », « la vallée de Courtineau », « l'étang de la Jugeraie » et « la vallée de la Manse de la Roche Ploquin au Gué Blandin ».

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation (1 850 h/an) et un été peu pluvieux.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,2 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 14,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 686 mm, avec 10,7 jours de précipitations en janvier et 6,4 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Épain à 7 km à vol d'oiseau, est de 12,3 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 745,6 mm. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022.

Voies de communication et de transport

Sainte-Maure est desservie par l'autoroute A10, une artère qui traverse son territoire en axe nord-sud. Le territoire communal est en outre émaillé d'un réseau routier comprenant notamment un tronçon de la D 760, de la D 910 et de la D 59.

L'accès au transport ferroviaire est disponible à la gare de Sainte-Maure - Noyant, une halte localisée sur la commune de Noyant-de-Touraine et desservie par les lignes TER Centre Val-de-Loire et Poitou-Charentes. Ces lignes régionales assurent la liaison avec l'itinéraire Paris-Bordeaux.


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Toponymie

Évolution chronologique des mentions du castrum, du castellum, de la paroisse, puis de la commune :


  • Arciacum : VIe siècle, titres de Marmoutier et de l'abbaye de Noyers ;
  • Castrum et Castellum de Sancti Mauræ : XIe siècle, titres de Marmoutier et de l'abbaye de Noyers ;
  • Parochia de Sancti Mauræ, S. Maximi de Sancti Maura : XIIIe siècle, Cartulaire de l'archevêque de Tours ;
  • Sainte-More : 1293, charte de Liget ;
  • Sainte Maure : 1784, carte de Cassini ;
  • Maure-libre : an II du calendrier républicain (1793) ;
  • Sainte-Maure : 1827, Plan cadastral napoléonien.

La commune est mentionnée pour la première fois sous le terme latin Arciacum au cours du Ve puis au VIe siècle. Ce nom, composé du suffixe « -(i)acum », est dérivé de Artiacum, un mot formé à l'époque gallo-romaine. Son toponyme apparaît ensuite sous la forme « castellum S. Maure » au XIe siècle, puis sous les termes « Sainte More » en 1293.

Pour le géographe Roger Brunet, le terme « Maure » est issu du latin Maurus, mot qui renvoie à la notion « de Mauritanie » et évoluant vers l'équivalent de « très brun » ou « noir ».

L'étude de la microtoponymie locale relève, entre autres, le toponyme de « Boumiers », ou « Bommiers », le nom d'un village rattaché au territoire saint-maurien, et un terme dont il est fait mention en 638 sous la forme « Buymet ». En outre, deux microtoponymes, la « Ferrandière » (ou la « Ferraudière ») et les « Champs noirs », indiquent que les sites qui portent ces noms seraient probablement associés à d'anciennes activités métallurgiques, dont notamment le travail du fer. La « Croneraie », issu du terme « crône » ou « crosne », renvoie à la notion de trou ou de puits excavé par l'eau et se trouvant à proximité d'un cours.


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Histoire

Préhistoire

Une industrie lithique est attestée sur le territoire communal dès l'ère du Paléolithique. Les fouilles entreprises à Sainte-Maure-de-Touraine ont révélé deux gisements attribués à cette période : au lieu-dit de la « Séguinière », des outils datés du Chelléen et sur le site des « Terres-Jaunes », du matériel daté du Moustérien.

Au Néolithique, l'occupation humaine du territoire communal se révèle notamment par la présence d'un dolmen, dénommé « dolmen de Boumiers » (ou « Bommiers »), structure mise en évidence au lieu-dit de la « Pierre Fondue », mais également l'implantation de nombreux autres sites mégalithiques et gisements, l'ensemble disséminé sur le plateau de Sainte-Maure. La structure mégalithique est formée de 6 blocs composés de craie spathique et de grès. La table du dolmen, d'aspect plane et triangulaire, prend appui sur 4 orthostates. Le site des Deux Manses, établi à 3 km au nord-ouest du centre-bourg, a livré de nombreux artéfacts se présentant notamment sous forme d'outils lithiques, tels qu'un biface de faciès acheuléen, des grattoirs, des perçoirs, un percuteur et une hache polie, et dans une moindre mesure, sous forme de matériel offensif, telles que des lames et une hache fabriquée en bronze.

Protohistoire et Antiquité

À l'âge du fer, le territoire communal, faisant alors partie intégrante de la civitas des Turones, est notamment marqué par l'implantation d'un oppidum. Ce complexe urbain protohistorique, dénommé « oppidum des deux Manses » en raison de sa proximité avec le point de confluence des eaux de la Manse et de la petite Manse (ou « Manse de Mareille »), recouvre une surface d'environ 10 ha. Le site est entouré d'une enceinte fortifiée à éperon barré. La fondation de l'oppidum des « Deux Manses », attribuée à la période laténienne dite « moyenne » — ou La Tène B, aux environs de 200 av. J.-C. —, succède à un complexe rural datant du milieu du Ve siècle av. J.-C. (début du second Âge du fer ou La Tène ancienne).

Un espace funéraire de petite taille, approximativement attribué à La Tène, a été mis en évidence sur le site des « Vignes de la Cornicherie ». Cet ensemble, comparable, de par sa densité, à celui découvert à Esvres, est constitué de plusieurs enclos à plan carré. Bien que le complexe des Vignes de la Cornicherie ait une très probable vocation funéraire, celui-ci s'est révélé totalement dépourvu de sépultures.

Au cours de l'époque gallo-romaine, le site de Sainte-Maure, établi dans la basse vallée de la Vienne, se présente telle une agglomération secondaire.

L'éperon des Deux Manses montre une continuité d'utilisation au cours de l'époque gallo-romaine. Le vallum, probablement érigé à cette période, a délivré des scories, des fragments de roches ayant fait l'objet d'une cuisson et des tegulæ. Cet ouvrage fortifié délimite alors l'extrémité orientale du plateau saint-maurien. Ce rempart est doublé d'un remblai dont la terre qui en a été dégagée a partiellement servi de matériau de construction du talus. Au début des années 1940, au sein des champs cultivés sur la parcelle cadastrale « Des Douves », les traces du fossé d'enceinte demeuraient encore visibles.

Moyen Âge

Un tertre a probablement été érigé à l'époque mérovingienne sur le territoire saint-maurien. Il renfermerait, selon les textes de l'évêque Euphrône, les dépouilles de sainte Maure et sainte Britte. Une chapelle, dans son premier état, aurait été élevée en surplomb de ce tumulus.

Au cours du Haut Moyen Âge, l'occupation du site de Sainte-Maure est notamment représentée par l'implantation d'une nécropole. Au sein de ce complexe funéraire, des sarcophages mérovingiens lors de prospection entreprises en 1866. Toutefois, en raison du peu d'indices matériels mis au jour et d'une absence de recherches plus approfondies, cet ancien cimetière n'a pas été précisément caractérisé tant dans sa datation, que dans son développement spatial et son contexte socio-culturel.

À la fin du Xe siècle, en 990, Sainte-Maure est marquée par l'arrivée de Foulques Nerra (dit « Foulques le Noir ») en Touraine. Le comte d'Anjou y fait alors bâtir une forteresse. À partir du début du XIe siècle, la localité tourangelle est placée sous la prééminence des seigneurs de Sainte-Maure. Jusqu'au terme du Moyen-Âge, la ville appartient aux seigneurs de Sainte-Maure, d'abord à Goscelin, fondateur de la maison de Sainte-Maure, puis revient par droit de succession à Hugues Ier. Toutefois, Geoffroy Martel, reprenant la politique de conquête de son père Foulques de Nerra, s'empare à son tour du fief tourangeau en 1049. Puis, le domaine sainte-maurien revient à nouveau dans le giron des seigneurs de Sainte-Maure, dont Hugues II, Guillaume et Guillaume de Pressigny.

Au Moyen Âge central, vers le XIe et XIIe siècles, le site de Sainte-Maure se voit pourvu d'un bourg de type « rural ». À la différence de la plupart des centres urbains de Touraine qui ont été fondés à cette époque, celui de Sainte-Maure ne s'est pas constitué autour d'un château et/ou d'une église. À ce titre, le bourg sainte-maurien a été doté, postérieurement à sa création, d'un édifice religieux. À cette même période, alors que le centre de la paroisse tourangelle dispose d'une forteresse érigée sous l'impulsion du comte d'Anjou Foulques de Nerra depuis la fin du Xe et début du XIe siècle, le toponyme de la paroisse de Sainte-Maure, en raison de la présence d'un mur de fortifications venant l'enceindre, se révèle régulièrement accompagné du terme castrum. L'établissement du bourg paroissial est étroitement associé à une donation. Dans le cas de Sainte-Maure, il s'agit en l'occurrence d'un acte de transfert de biens afférent au prieuré de Saint-Mesmin.

Durant le XIIe siècle, un donjon, appelé la Tour Foubert, ou La Tabagie, est érigé sur les terres sainte-mauriennes de la ville de Tours. La tour, à plan carré et construite sur quatre étages, dispose de murs d'une épaisseur de 1,66 m. Le donjon était entouré d'une enceinte quadrangulaire englobant une surface de 9,22 ares.

En , Charles le Bel fait don du fief de Sainte-Maure au chapitre de Saint-Martin de Tours. Ces terres, dont l'exploitation amenait annuellement au finances royales des revenus s'élevant à 7 livres et 10 sous. À cette époque, bien que les membres de la famille féodale de Sainte-Maure portent toujours le nom de la ville éponyme, ces terrains ne font alors pas partie intégrante de leur domaine.

Vers le milieu du XVe siècle, la paroisse sainte-maurienne est érigée en châtellenie sous l'impulsion d'Aymard de La Rochefoucaud. En 1467, Jean d'Estouville, grand maître des arbalétriers et prévôt de Paris voit Sainte-Maure élevée au statut de baronnie.

Époque moderne

En , la baronnie de Sainte-Maure, alors réunie à celles de Montbazon et de Nouâtre, devient un comté, au bénéfice de Louis de Rohan. Trois ans auparavant, en 1542, les travaux permettant l'élévation d'une nouvelle enceinte fortifiée débutent. Ils sont alors supervisés par le maître d'œuvre Charles Estevou. À la mort de ce dernier, son cousin reprend le chantier de fortification et la construction de la muraille, pourvue de tours et aménagée d'une porte — la porte Vauvert —, trouve sa conclusion en 1577. Vers la fin du XVIe siècle, Sainte-Maure se voit inclus au domaine ducal de Montbazon, ce duché-prairie ayant été fondé au profit de Louis VII de Rohan-Montbazon.

Dès la seconde moitié du XVIe siècle, la paroisse tourangelle dispose d'un prétoire. Au sein de cette salle d'audience, la justice seigneuriale est alors rendue pour l'ensemble des paroisses appartenant au comté de Sainte-Maure. Le tribunal de Sainte-Maure, dont les pouvoirs relèvent « unement » du juge royal de Montbazon, est compétent pour les jugements en première instance de trois paroisses — Sainte-Maure-de-Touraine, Sainte-Catherine et Saint-Épain — et en renvoi d'appel pour sept autres — Draché, Maulay, Noyant, Pont-de-Ruan, Saint-Branchs, Sepmes, Trogues. À cette époque, la cour de justice de Sainte-Maure est composé d'un greffier, d'un procureur de cour et d'un bailli, tous trois désignés par le seigneur de Sainte-Maure. À partir de 1640, le bailli est remplacé par un sénéchal. La justice seigneuriale de Sainte-Maure est exercée jusqu'au début de la révolution, en 1789.

Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, la paroisse tourangelle est marquée par un important séisme soumettant de nombreux bâtiments du centre-bourg à la destruction. Ce tremblement de terre, survenu en date du , est mentionné par la La Gazette, un périodique fondé par Théophraste Renaudot et se trouve postérieurement relayé par d'autres documents rédigés en Allemagne. Le journal de Renaudot fait également état de quelques habitants saint-mauriens ayant péri pendant cet événement sismique. Néanmoins, en raison de leurs faiblesses et d'un manque de rédacteurs, les registres paroissiaux, les archives notariales et les documents d'intendance exécutés à cette époque et afférents à la commune, ainsi qu'aux territoires l'environnant, ne comportent aucune indication permettant d'attester le décès de ces personnes. En tenant strictement compte des éléments évoqués dans l'article de La Gazette, le séisme enregistré en 1657 aurait été de magnitude 7 à 8.

Le , Louis XIV de retour de Saint-Jean de Luz, ville où il venait de se marier en application du traité des Pyrénées, et accompagné de son épouse Marie-Thérèse d'Autriche, fait étape à la forteresse de Sainte-Maure. Lors de ce court séjour, le roi amnistie l'ensemble des prisonniers incarcérés dans les cachots du château.

Sous l'Ancien Régime, par application d'un édit acté d'octobre 1694, la commune sainte-maurienne se révèle être l'une des 12 chambres de Touraine transformées en grenier à sel. Le bâtiment de stockage du sel est alors attenant aux halles construites sous l'impulsion d'Anne de Rohan. À partir de 1727, cette juridiction d'impôt sur le sel, dont Sainte-Maure-de-Touraine est le siège administratif, s'étend à d'autres communes.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, une chapelle est élevée à proximité d'une source, dite la « Fontaine des Vierges », un site qui faisait jusqu'alors l'objet de pèlerinages fréquents. Après avoir été accompagné d'une croix construite à quelques mètres de son portail, l'édifice, consacré aux saintes Maure et Britte, est inauguré le par les autorités locales, puis béni le de la même année. Deux statues, sculptées à l'effigie des deux vierges, sont incorporées dans l'enceinte de la chapelle.

En 1764, une manufacture produisant des mouchoirs au tissu teinté et qui reproduisent ceux fabriqués en Inde, est installée au cœur du centre-bourg.

Époque contemporaine

Lors des événements révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle, la commune, en 1793 (an II du calendrier républicain), alors simplement appelée Sainte-Maure, porte provisoirement le nom de Maure-Libre. Cette même année, alors qu'ils venaient d'assiéger la ville Saumur, les Vendéens opérèrent une incursion militaire en Touraine. Une partie des autorités du district de Chinon, face à l'avancée des insurgés royalistes et demeurant dans l'attente de troupes fournies par la commune de Tours, partent du chef-lieu chinonais pour trouver temporairement refuge à Sainte-Maure.

Le plan cadastral napoléonien de Sainte-Maure est réalisé en 1827.

En novembre 1852, lors du second plébiscite qui permet à Napoléon III d'asseoir sa légitimité, et qui fait suite au Coup d'État du 2 décembre 1851, l'ancien président, devenu empereur, recueille une large majorité des suffrages exprimés par les habitants de Sainte-Maure : sur les 606 votants, 550 se prononcent favorablement.

La guerre franco-prussienne de 1870 a fait 8 morts parmi la population masculine de Sainte-Maure. Le bilan du premier conflit mondial s'élève à 109 victimes des soldats originaires de la commune et celui de la guerre de 39-45, à 21 morts parmi les saint-mauriens déportés ou engagés. Un monument aux morts et des stèles commémoratives ont été élevés en mémoire de ces victimes.

Vidéo externe
Un marché en Touraine de Gilles Gousset, tourné à Sainte-Maure-de-Touraine, en 1966, sur memoire.ciclic.fr

C'est en 1959 que la commune adopte le nom de Sainte-Maure-de-Touraine. En 1963, le plan cadastral parcellaire du territoire communal fait l'objet d'une rénovation.

En 1966, un film documentaire, intitulé Un marché en Touraine, est réalisé au sein de la commune. Les sites et lieux patrimoniaux, ainsi que la place du marché alors en pleine activité, y sont notamment mis en scène.


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Héraldique

Les armes de Sainte-Maure-de-Touraine se blasonnent ainsi :

Écartelé: au 1er de gueules à neuf macles accolées et aboutées d'or, ordonnées 3, 3 et 3, au 2e de gueules aux chaînes d'or, posées en croix, sautoir et orle, chargées en coeur d'une émeraude au naturel, au 3e d'azur à trois fleurs de lis d'or, au bâton componé d'argent et de gueules, brochant sur le tout, au 4e d'hermine plain; sur le tout, d'argent à la guivre d'azur, ondoyant en pal, couronnée d'or, à l'issant de gueules.

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Sainte-Maure-de-Touraine dans la littérature

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