Cormery

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Cormery : descriptif

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Cormery

Cormery (prononcé /kɔʁməʁi/) est une commune française de la vallée de l'Indre située dans le département d'Indre-et-Loire en région Centre-Val de Loire. Le bourg se crée peu à peu dans les deux derniers siècles du premier millénaire au contact de l'abbaye bénédictine Saint-Paul, fondée en 791 au bord de l'Indre

L'un des artisans de cette fondation monastique est Alcuin, chancelier de Charlemagne

Cormery bénéficie dès lors des privilèges économiques (foires, marchés) accordés à l'abbaye et grandit peu à peu jusqu'à atteindre plus de 1 000 habitants au début du XIXe siècle

Sa population connaît toutefois par la suite une érosion et il faut attendre la seconde moitié du XXe siècle pour que la proximité de Tours permette à la démographie cormerienne de repartir à la hausse

En 2022, la commune compte 1 860 habitants. Cormery est une commune d'assez petite taille où l'agriculture, même si elle n'a pas totalement disparu, n'est plus depuis longtemps une composante majeure de l'activité locale

Au XXIe siècle, son économie repose sur les secteurs secondaire mais surtout tertiaire et bénéficie de la présence d'une importante zone d'activités, le « Node Park Touraine » qu'elle partage avec sa voisine Tauxigny-Saint-Bauld. Bien que démembrée à la Révolution française, l'abbaye de Cormery a laissé d'importants vestiges au cœur de la ville ; ils constituent la plus grande part du patrimoine bâti remarquable de la commune et font toujours l'objet d'études et de restaurations

L'église paroissiale et, dans le cimetière, un monument à la fonction controversée (lanterne des morts ou croix hosannière) font partie, comme l'abbaye, des édifices protégés au titre des monuments historiques

Cormery partage avec des communes voisines deux ZNIEFF et deux sites naturels inscrits

Le « macaron de Cormery », dont plusieurs légendes et traditions évoquent l'origine, est la spécialité pâtissière locale.

Géographie

Localisation et communes limitrophes

Commune de la vallée de l'Indre, Cormery se trouve à 18,2 km au sud-est de Tours. Elle se situe à l'extrême ouest du canton de Bléré et 13,6 km la séparent de cette ville. Les distances sont exprimées « à vol d'oiseau », de chef-lieu communal à chef-lieu communal. Cormery est rattachée à l'aire urbaine et au bassin d'emploi de Tours, mais à l'unité urbaine et au bassin de vie d'Esvres, commune limitrophe.

Communes limitrophes de Cormery
Truyes
Esvres Cormery Courçay
Saint-Branchs Tauxigny-Saint-Bauld

Géologie et relief

L'histoire géologique de Cormery, comme celle de la Touraine plus généralement, est marquée par une succession de phases de sédimentation. L'avance marine sur le territoire a déposé le calcaire sénonien et les argiles à silex (c4-6S) issues de sa dégradation, mais ce faciès n'apparaît pas sur la commune. Il est en effet recouvert au Ludien par le calcaire d'origine lacustre de Touraine (e7) caractéristique des sols de la Champeigne tourangelle, souvent meuliérisé. Des poches, dans lesquelles le carbonate de calcium se trouve concentré, ont été exploitées jusqu'à la fin du XXe siècle. Un complexe de sables argileux et de graviers grossiers (Rm-3p) de la fin du Tertiaire recouvre par places cet ensemble, mais la formation affleurante qui domine est constituée de limons éoliens quaternaires, en faible épaisseur (LP). L'Indre et ses ruisseaux affluents ont creusé leur vallée dans cette succession de strates, déposant des alluvions anciennes à mi-hauteur de la vallée actuelle (Fw-x) puis, s'enfonçant un peu plus dans le substrat, des alluvions modernes en fond de vallée (Fy-z). Des colluvions de pente (CF-N) formées d'éléments détritiques, sables ou graviers, descendus du plateau tapissent une grande partie du versant sud de la vallée.

Le territoire communal de Cormery se développe sur la rive gauche de l'Indre, la rivière servant de limite communale du sud-est au nord-ouest. Sa superficie réduite (607 ha, quand la surface moyenne d'une commune française est de 1 488 ha en 2016) est probablement due au fait que la commune, et avant elle la paroisse, s'est constituée assez tardivement sur les marges des grandes exploitations agricoles du plateau de la Champeigne au sud-ouest. Le procès-verbal de délimitation du territoire communal date de 1819 et aucune modification n'y a été apportée depuis.

La commune est installée pour partie sur le flanc de la rive gauche de l'Indre et dans la vallée de la rivière, une portion importante de son territoire, au sud-est, s'étendant toutefois jusque sur le plateau. Le point le plus bas de la commune, à une altitude de 57 m, se situe dans la vallée de l'Indre, au nord-ouest, en limite de Truyes et d'Esvres, alors que le point culminant à 94 m se trouve sur le plateau, en limite d'Esvres et de Saint-Branchs.

Hydrographie

Le territoire de la commune est arrosé par la rivière Indre, seul cours d'eau permanent. Elle forme plusieurs bras au niveau du chef-lieu communal et décrit deux courbes successives — vers la gauche puis vers la droite dans le sens du courant —, dessinant un « S » et constitue la limite du territoire, du sud-est au nord-ouest. Le ruisseau temporaire des Riaux sur la rive gauche, qui prend sa source à la limite de Courçay et de Cormery, complète ce réseau hydrographique ; très encaissé à son approche de la vallée, il est aménagé dans sa partie terminale par les moines pour irriguer les jardins et alimenter les viviers de l'abbaye. Des sources karstiques sont drainées par les strates de calcaire lacustre.

La pente moyenne de la rivière, dans sa traversée de Cormery n'est que de 0,29 m/km, alors qu'elle est d'environ 0,70 m/km sur l'ensemble de son cours. Les crues de l'Indre sont le plus souvent de type inondation de plaine, menaçant les secteurs de Cormery bâtis au plus près du cours d'eau et identifiés comme particulièrement exposés dans le plan local d'urbanisme.

Une station de mesures du service d'administration nationale des données et référentiels sur l'eau est implantée sur l'Indre à Cormery.

Trois zones humides ont été répertoriées sur la commune par la direction départementale des territoires (DDT) et le conseil départemental d'Indre-et-Loire : « la vallée de l'Indre : de la vallée du Moulin à la Pointe de Farcé », « la vallée de l'Indre : de la Cartonnerie au Faubourg » et « la vallée de l'Indre : de la prairie de la Vacherie aux Prés Germains ».

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation (1 850 h/an) et un été peu pluvieux.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,2 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 14,8 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 702 mm, avec 10,3 jours de précipitations en janvier et 6,8 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Reignac », sur la commune de Reignac-sur-Indre à 7 km à vol d'oiseau, est de 12,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 668,5 mm. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022.

Milieux naturels et biodiversité

En amont du bourg, l'érosion de l'Indre dans la concavité d'un de ses méandres a entamé le coteau de calcaire lacustre en formant des falaises abruptes avec, comme sur la commune voisine de Courçay, quelques phénomènes de surplomb (rocher de la Pinone). Ce site, qui présentait jusqu'au début du XXe siècle un certain attrait touristique et qui était pourvu d'une petit belvédère, est désormais entièrement envahi par la végétation en raison de l'abandon de la pratique régulière du pastoralisme. Le plateau, au sud-est, présente les caractéristiques paysagères habituelles de la Champeigne : grands champs aux formes régulières et à vocation céréalière, avec quelques unités boisées aux noms évocateurs : « le Bois Curé », « la Taille des Pères », « la Taille Haute » ; ce type de paysage naturel occupe près de 60 % du territoire communal. La vallée de l'Indre, en amont du bourg, est composée de prairies bordées par des arbustes et des bois le plus souvent naturels, mais qui sont localement dénaturés par l'implantation de peupleraies dont l'entretien n'est pas toujours suivi ; au niveau de l'agglomération et en aval, elle est occupée par des jardins, fréquemment inondés par les crues de la rivière même lorsqu'elles sont faibles.

Deux secteurs géographiques, aux marges du territoire communal, sont répertoriés au plan européen comme présentant un intérêt en matière de faune et/ou de flore remarquables. La zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique continentale de type I des « prairies et coteaux de l'Indre au moulin de Vontes » se développe en majorité sur les communes d'Esvres et de Truyes, mais elle intéresse également la pointe nord-ouest du finage cormerien. Elle est remarquable par la diversité de ses habitats, prairies à flore des lieux humides comme le Pigamon jaune (Thalictrum flavum), grottes à chiropères comme le Grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum), pelouses sèches à orchidées comme la Limodore à feuilles avortées (Limodorum abortivum).

Depuis 2006, Cormery est intégrée pour la partie de son territoire située au sud-ouest de la D 943 — ce qui ne représente qu'une faible superficie communale —, au réseau Natura 2000. La zone de protection spéciale (ZPS) ainsi constituée, dite « site Natura 2000 Champeigne », vise à la préservation des espèces d'oiseaux rencontrées dans son périmètre, dont l'Outarde canepetière (Tetrax tetrax) est la plus emblématique, grâce à des mesures agroenvironnementales appropriées imposées aux parcelles de culture concernées en application de la directive oiseaux du édictée par l'Union européenne.

En outre, deux sites de Cormery sont inscrits dans le cadre de la loi du 2 mai 1930 : « l'Indre aux ponts de Cormery » (1943) et le « Rocher de la Pinone, l'Indre, ses rives et l'île » (1942). Pour ce dernier site, l'environnement des falaises karstiques de la rive gauche de l'Indre, en amont du bourg, est favorable à l'installation de certaines espèces botaniques plus couramment rencontrées en régions montagneuses, comme l'Hutchinsie des rochers (Hornungia petraea).


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Toponymie

Histoire

De la Préhistoire à l'Antiquité

L'histoire de Cormery avant le Moyen Âge est assez mal documentée.

De rares vestiges d'occupation néolithique sont retrouvés dans les années 1930 au lieu-dit « le Chesneau », sur la rive gauche de l'Indre à l'est du cimetière ; il s'agit d'un petit atelier de polissage de la pierre.

Les vestiges protohistoriques, difficiles à dater, se rencontrent surtout sur le plateau au sud de l'Indre. Ce sont principalement des traces d'enceintes et de bâtiments, peut-être gaulois, révélés par la prospection aérienne. C'est ainsi que deux enceintes dont l'une, rectangulaire, est limitée sur un de ses côtés par une construction non identifiée, sont mises en évidence en 1976 ; une troisième est découverte en 1978.

Dans l'Antiquité, une voie relie Caesarodunum (Tours) à Argentomagus (Saint-Marcel, dans l'Indre). Elle longe l'Indre sur sa rive droite et passe à Evena (Esvres) puis Truyes. Un chemin secondaire s'y embranche, traverse l'Indre (pont ou gué) peut-être en aval du pont moderne et du lavoir puis rejoint Loches par la rive sud. À ce niveau passe également l'un des itinéraires d'Amboise à Poitiers. Ces voies sont identifiées par leur survivance dans le réseau routier moderne qui reprend ponctuellement leur tracé, ou mises en évidence par prospection aérienne. Aucun indice d'habitat pouvant être attribué avec certitude à cette époque n'est retrouvé sur le territoire communal.

Moyen Âge

Naissance et développement du bourg

À partir de la fin du VIIIe siècle et jusqu'à la Révolution française, l'histoire de Cormery est intimement liée à celle de son abbaye. En 791, un établissement religieux est fondé par Ithier, abbé de Saint-Martin de Tours et chancelier de Charlemagne. Il vient y faire retraite avec quelques moines. Ce n'est alors qu'un modeste prieuré appelé la « celle Saint-Paul ». Alcuin qui succède à Ithier donne à Cormery un véritable essor spirituel et, sur le plan matériel, transforme le prieuré en abbaye importante en le dotant d'importants domaines. Il s'agit de rendre ce lieu de recueillement et de prière plus respectueux de la règle de saint Benoît. Cela permet à son successeur, Frédegis, de réaliser de grands travaux. Dès le VIIIe siècle également, les moines édifient un moulin sur l'Indre, mais sa localisation exacte n'est pas connue. Autour de l'abbaye se construisent de nombreuses habitations et un bourg se forme qui devient un centre commercial important : depuis 845 un marché s'y tient chaque jeudi, sur l'autorisation de l'abbé Audacher qui a succédé à Frédegis et deux foires annuelles ont lieu, les et le , à l'occasion de la Saint-Paul.

En 853, les Normands remontent la Loire et menacent Tours. Les moines de Saint-Martin mettent, dans un premier temps, les reliques de leur saint en sûreté à Cormery mais quittent l'abbaye peu après. Faute de pouvoir s'emparer des reliques qui ne sont déjà plus à Cormery lorsqu'ils y parviennent, les Normands saccagent en représailles l'abbaye et le bourg, mais les textes n'apportent pas de précision sur l'ampleur de ces dégâts.

Vers 994, Foulques Nerra construit, sans autorisation, la forteresse de Montbazon sur des terres appartenant à l'abbaye Saint-Paul. L'arbitraire du procédé choque ses moines, en même temps que le château et son belliqueux propriétaire constituent une menace pour la sécurité de Cormery. Au terme d'une difficile négociation sanctionnée par une charte du roi Robert II le Pieux, l'abbaye abandonne toute prétention sur le terrain disputé ; en contrepartie, Foulques Nerra s'abstient de toute autre opération aux dépens de l'abbaye. Probablement dès la fin du premier millénaire, le fief de Cormery, situation peu courante, ne dépend d'aucune seigneurie ; seul l'abbé de Saint-Paul en exerce l'autorité administrative comme judiciaire.

Les bâtiments de l'abbaye sont en ruine au début du XIe siècle et une nouvelle abbatiale est consacrée en 1054. Au XIIe siècle, l'église Notre-Dame-de-Fougeray est construite en dehors de l'enclos monastique ; elle est destinée plus spécifiquement aux habitants de Cormery, les moines se réservant l'usage de l'abbatiale. Elle s'accompagne au sud d'un cimetière dont l'emprise dépasse alors son périmètre moderne. Le « bourg » de Cormery est cité pour la première fois en 1120 à propos d'un différend de droit coutumier qui l'oppose à l'abbaye. Une enceinte protégeant ce bourg, distincte de celle de l'enclos monastique, est attestée en 1271 mais l'acte qui la mentionne ne fournit aucun détail sur son tracé.

Épreuves de la guerre de Cent Ans

Si le début du XIVe siècle semble être une période de prospérité pour l'abbaye et de calme pour le bourg, la guerre de Cent Ans a de graves conséquences sur Cormery. En 1358 notamment, la ville est prise par une bande de mercenaires conduits par Basquin du Poncet, un Français se réclamant du parti des Anglais. Certains habitants sont massacrés, d'autres déportés à La Roche-Posay d'où les mercenaires sont arrivés, d'autres encore pourchassés jusque dans l'église abbatiale où ils se sont réfugiés. Cette troupe finit par installer son quartier général dans l'abbaye qu'elle saccage et où elle reste un an, ne quittant les lieux que contre le paiement par les moines d'une forte rançon. En 1412 les Anglais menacent Cormery après avoir pillé l'abbaye de Beaulieu-lès-Loches ; les moines de Cormery proposent alors d'acheter leur sécurité et celle de la ville, négociée auprès de Thomas Beaufort. Malgré tout, l'abbaye de Cormery est sur le point d'être assiégée quand elle est délivrée par Jean IV de Bueil. En 1443, les habitants entreprennent la construction d'une nouvelle enceinte flanquée de tours et doublée de fossés destinée à protéger la ville. Elle s'appuie du sud à l'ouest sur l'enclos monastique dont les défenses sont elles aussi améliorées. Il n'est pas possible, au regard des sources disponibles, de préciser si elle reprend en tout ou partie le tracé de la muraille du XIIIe siècle.

Époque moderne

Épidémies et conflit

En 1523, une épidémie de peste sévissant à Cormery emporte 500 personnes, soit au moins la moitié de la population de la paroisse. La maladie est probablement rapportée de Tours par un voyageur. En 1562, l'abbaye de Cormery est pillée par les huguenots, la ville elle-même semblant avoir moins directement souffert des cent jours pendant lesquels les protestants tiennent la place. Par la suite pourtant et pendant une trentaine d'années, des troupes armées, de part et d'autre, profitent de leur passage à Cormery pour piller et rançonner les habitants. La paix enfin revenue, Cormery continue toutefois à perdre des habitants et son économie se ralentit à la fin du XVIe siècle et durant les premières décennies du siècle suivant car le dynamisme de la cité est intimement lié à celui de l'abbaye, durement éprouvée par la guerre. Par ailleurs, les effets de l'épidémie de peste sont encore ressentis dans la ville très sévèrement dépeuplée.

En 1662, la congrégation de Saint-Maur reprend la direction matérielle (gestion plus rigoureuse des biens de l'abbaye, recrutement de nouveaux moines) et spirituelle (rétablissement de la stricte règle de saint Benoît) de l'abbaye qui n'a jamais retrouvé son importance et son rayonnement après les guerres de Religion, mais les moyens financiers font défaut, les réalisations ne sont pas à la hauteur des projets et la population de Cormery ne profite en rien de ce changement.

Percement de la « route du Berry »

Un événement important modifie profondément la physionomie de la commune en 1766. La nouvelle route de Tours à Châteauroux dite « du Berry », qui deviendra par la suite la N 143 puis la D 943 après son déclassement, est ouverte. Elle s'inscrit dans le vaste plan d'aménagement routier initié par Louis XV et mis en œuvre par Jean-Rodolphe Perronet. Venant au nord du faubourg de Truyes, elle traverse l'Indre sur un pont immédiatement en amont de l'ouvrage du XIXe siècle, longe l'enclos abbatial dont les douves ont été comblées dans ce secteur puis s'engage vers le sud par la rue des Caves, rejoignant sur le plateau son itinéraire définitif. Un relais de poste est installé non loin de l'actuelle gare SNCF.

Cette nouvelle route, si elle draine vers les nombreux hôtels et auberges un grand nombre de voyageurs, s'accompagne de l'obligation pour les habitants de loger les soldats empruntant l'itinéraire, servitude très contraignante. La municipalité décide donc, moins de quatre ans plus tard, d'attribuer aux troupes de passage un bâtiment dédié géré par un étapier ; c'est l'ancien logis du prieur, près de la tour Saint-Paul. La main d'œuvre nécessaire à la construction de cette route est réquisitionnée localement par le biais de la corvée royale, imposée aux seuls habitants les plus modestes, ce qui suscite des protestations (discrètes par crainte de représailles) parmi la population.

Crue de l'Indre en 1770

L'année 1770 est marquée par une crue dévastatrice de l'Indre, qui survient dans la nuit du au . Plus de trente heures de pluie continue sur le bassin versant de l'Indrois, qui se jette dans l'Indre à une quinzaine de kilomètres en amont de Cormery, provoquent une montée importante et brutale des eaux. La crue noie trente-huit personnes à Truyes et quatre à Cormery, surprises dans leur sommeil ; certains corps ne sont repêchés que plusieurs mois plus tard à Artannes-sur-Indre, plus de 20 km en aval, et une vingtaine d'autres n'ont jamais été retrouvés. Les eaux se retirent rapidement mais les dégâts matériels sont immenses (moulins, maisons et commerces détruits, rues dévastées, tablier du pont emporté) ; il faut plusieurs années pour les réparer, ce qui est d'autant plus difficile et long que la décennie qui suit connaît une succession de phénomènes climatiques extrêmes, graves sécheresses ou au contraire pluies incessantes, grêles, hivers rigoureux qui perturbent les chantiers et affaiblissent encore la population. Après la crue, Louis XVI accorde, à titre de compensation, une modeste indemnité et une exemption de taille pendant un an.

Époque contemporaine

Révolution française et exode rural

Les cahiers de doléances du tiers état rédigés à l'occasion des états généraux de 1789 ne proposent pas, à Cormery, de dispositions très différentes de ceux des autres communes : simplification du système des impositions — dont la disparition de la gabelle — et des multiples juridictions. Cormery tient toutefois à conserver son système de justice seigneuriale. Les habitants ne réclament pas non plus la suppression des couvents et des abbayes, le rôle de Saint-Paul dans la vie de Cormery restant important dans les traditions, sinon dans les faits. En 1790, lors de la création des nouvelles structures territoriales administratives, la commune de Cormery devient chef-lieu de canton, mais doit abandonner cette prérogative à Montbazon en 1801.

La Révolution française provoque la fermeture définitive de l'abbaye, dont le nombre des moines diminuait inexorablement depuis plus d'un siècle. Les biens mobiliers sont dispersés ; ceux qui échappent au pillage sont vendus. Il en est de même pour les bâtiments. Laissés à l'abandon, des pierres et des éléments de leurs charpentes sont prélevés ; déclarés biens nationaux, ils sont vendus sur une période de plus de vingt ans, en raison de leur importance.

La route du Berry est parachevée entre 1843 et 1845 par la construction d'un pont suspendu (remplacé en 1902 par le pont actuel) en aval du précédent, dans le prolongement d'une tranchée dans le coteau au nord de l'Indre qui permet d'adoucir la pente ; au sud, le percement d'une rue rectiligne dans le vieux bâti redresse le tracé de la route. Outre qu'elle modifie profondément la topographie de la ville, cette percée s'accompagne d'un recentrage des pôles commerçants autour de l'ancien « carroi » (actuelle place du Marché), où passait la route auparavant et au débouché sud du pont, ce dernier site profitant pleinement de la circulation sur la route nouvelle. Les électeurs de Cormery approuvent sans réserve le retour au régime impérial, les deux plébiscites de 1851 et 1852 recueillant respectivement 237 et 203 voix « pour » mais seulement 39 et 8 « contre ». En 1870, la situation est très différente : les voix « pour » ne représentent plus que 158 des 291 suffrages exprimés. Pendant la guerre de 1870, du jusqu'à la fin du mois, Cormery doit loger un important détachement de soldats prussiens. En 1878, les communications entre Cormery et les communes voisines, mais surtout les deux « grandes villes » que sont Tours et Loches deviennent encore plus faciles : la ligne ferroviaire de Joué-lès-Tours à Châteauroux est ouverte — elle passe sur le plateau, au sud du bourg — et elle est parcourue par cinq trains de voyageurs dans chaque sens par jour . Pourtant, le dernier quart du XIXe siècle est marqué par une baisse de la population, conséquence d'un exode rural qui voit les populations se rapprocher des grands centres urbains et de leurs industries pourvoyeuses d'emploi.

Guerres mondiales et reprise démographique

La Première Guerre mondiale coûte la vie à 30 soldats originaires de Cormery, morts au combat en France, en Belgique mais aussi dans les rangs de l'armée française d'Orient. Dans l'entre-deux-guerres, la population cormerienne continue à baisser, sous les effets conjugués d'un exode rural qui se poursuit et des pertes dues au premier conflit mondial ; la ville s'appauvrit et son activité économique ralentit. Du au , Cormery accueille les employés du ministère de la Marine, le gouvernement français s'étant temporairement replié en Touraine avant de partir pour Bordeaux. Le , le pont sur l'Indre est dynamité pour tenter, sans succès, d'entraver l'avancée des troupes ennemies. L'armistice signé, Cormery se retrouve en zone occupée ; une garnison et une administration allemandes s'installent en ville. La relative proximité de la ligne de démarcation, qui passe à Dolus-le-Sec, fait que les candidats au passage de la ligne se pressent. Le tenancier d'un bar de Cormery, avec ses deux fils, son frère et de son neveu, aide au passage de 5 000 personnes et favorise l'évasion de prisonniers peut-être deux fois plus nombreux. Les réquisitions de denrées alimentaires sont très difficiles à honorer par la ville, qui dispose de peu de surface agricole ; c'est pourquoi le maire Ernest Clément est interné pendant plusieurs semaines en 1942, accusé d'être un « saboteur ». Fin , les Allemands évacuent Cormery, détruisant le pont qu'ils avaient sommairement réparé dès leur arrivée, quatre ans plus tôt. Huit Cormeriens meurent dans les combats de la Seconde Guerre mondiale.

Les Trente Glorieuses qui voient la ville de Tours reprendre son développement économique ont, par contrecoup mais avec un certain retard, une incidence bénéfique sur la démographie de Cormery. Proche de la métropole départementale et bien desservie (route et chemin de fer), la commune accueille des personnes travaillant à Tours ou sa banlieue mais habitant Cormery dont la population augmente à partir des années 1960, avec tous les effets positifs que cela induit sur l'économie locale.

En 2001, le projet d'une grande zone d'activités, le « Node Park Touraine », est lancé avec la communauté de communes pour maître d'ouvrage et le partenariat financier d'ERDF, majoritairement sur le territoire de Tauxigny-Saint-Bauld, mais, aussi, dans une moindre mesure, sur Cormery, au sud-est du bourg. Le projet initial prévoit l'installation d'une vingtaine d'entreprises sur 25 ha, mais aussi l'implantation de services à destination des personnes travaillant sur le site : restaurant inter-entreprises et crèche. Une première phase d'agrandissement porte la superficie totale à un peu plus de 40 ha. Une nouvelle extension (douze hectares) est prévue pour 2018.

Début 2018, les maires de Cormery et Truyes évoquent la nécessité d'une collaboration plus étroite entre les deux communes, qui pourrait prendre la forme d'une fusion ; à cette date, le projet est encore au stade des déclarations d'intention.

Quelques dates de l'histoire de Cormery.

Quelques dates de l'histoire de France et de la Touraine
Histoire politique et religieuse de Cormery Histoire architecturale et urbaine de Cormery


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Cormery dans la littérature

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