Valernes
Localisation

Valernes : descriptif
- Valernes
Valernes (Valèrna en occitan vivaro-alpin) est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Le nom des habitants de Valernes est Valernais.
Géographie
Le village est situé à proximité du confluent de la Durance et du Sasse, à 600 mètres d'altitude. Il est construit à l'extrémité d'une terrasse, entre les torrents du Sasse et de la Gourre qui ont creusé des vallées profondes. Le site est donc un site défensif en forme d'éperon barré.
Les communes limitrophes de Valernes sont Vaumeilh, Nibles, Châteaufort, Saint-Geniez, Entrepierres, Sisteron et Le Poët (Hautes-Alpes).
Géologie
Le territoire se situe à l'est des Baronnies orientales, sur les formations calcaires provençales du Jurassique supérieur et du Crétacé inférieur (roches sédimentaires issues d'un ancien océan alpin), entre trois formations géologiques majeures des Alpes :
- la nappe de Digne à l'est, au niveau du lobe de Valavoire : il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de 5 000 m qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écailles) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe ;
- la faille de la Durance à l'ouest.
Lors de la glaciation de Riss, le glacier de la Durance recouvre le plateau au nord du Sasse, et la plus grande partie du terrain qui se trouve au Sud, s'arrêtant sur les premières pentes de la montagne de Gâche. Lors de la glaciation de Würm, le glacier a une extension bien moins importante et ne fait qu'approcher les limites occidentales de la commune.
Relief
Le territoire de Valernes est situé à la confluence de deux torrents importants, le Sasse et la Durance, qui coule en limite ouest de la commune. Quelques basses plaines alluviales, étroites, bordent ces deux torrents. Des terrasses, à une altitude de 520/530 m dominent la confluence. Au nord du Sasse, d'autres terrasses s'étagent jusqu'à 670 m d'altitude, profondément entaillées par des torrents. Ces terrasses s'élèvent jusqu'au pied des Rochers de Hongrie, 1 189 m, qui forment la limite avec la commune de Nibles.
Au sud du Sasse, en dehors de la terrasse de la Durance, le terrain est très vallonné. Il est dominé au sud par la montagne de Gâche, une longue crête orientée est-ouest à 1 300 m d'altitude environ (1 357 m en son point culminant à l'ouest).
Hydrographie
La Durance est le principal cours d'eau de la commune, qu'elle borde en limite ouest. Le Sasse est son affluent : il traverse Valernes d'est en ouest dans un lit tressé. Il reçoit plusieurs torrents plus ou moins intermittents dans sa traversée de Valernes dont les principaux sont :
- en rive droite, le ravin de Riou Pugues et le ravin de la Gourre ;
- en rive gauche, le ravin de Fonssouret et le ravin de Peire.
Le seul affluent notable du Sasse est le torrent de Syriez, en rive gauche, peu avant le confluent avec la Durance, et qui fait la limite entre Vaumeilh et Valernes. La terrasse au sud du Sasse est également drainée par le ravin du Riau, qui se jette dans la Durance en empruntant une gorge encaissée. Il collecte également les eaux pluviales du versant ouest de la montagne de Gâche et forme la limite avec la commune de Sisteron.
Enfin, dévalant les pentes des Rochers de Hongrie, le torrent d'Engériès forme la limite avec Vaumeilh, avant de se jeter dans le torrent de Syriez.
Un petit canal d'irrigation prend ses eaux du Sasse et traverse toute la partie sud de Valernes, avant de rejoindre la Baume de Sisteron.
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à 1 000 mm, minimale en été.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,4 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 17,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 860 mm, avec 6,4 jours de précipitations en janvier et 4,8 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Sisteron », sur la commune de Sisteron à 8 km à vol d'oiseau, est de 12,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 835,0 mm. La température maximale relevée sur cette station est de 41 °C, atteinte le ; la température minimale est de −18 °C, atteinte le .
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022.
Environnement
La commune compte 868 ha de bois et forêts, soit 30 % de sa superficie.
Transports
La commune est desservie par trois routes départementales, dont deux qui se croisent au pied du village, dans la vallée du Sasse :
- la RD 951, qui vient de Sisteron en rive gauche de la Durance, traverse le Sasse puis remonte sa vallée en rive droite ;
- la RD 304, qui vient de la RD 1085 (ancienne route nationale 85), rive droite de la Durance, pénètre dans la commune au confluent du Sasse et de la Durance par le pont de Fombeton, remonte le Sasse rive droite, croise la RD 951 puis monte au village et se dirige ensuite vers le nord, en direction de Vaumeilh ;
- enfin, la RD 804, qui s'embranche sur la RD 951 et dessert la rive gauche du Sasse et entre dans le territoire de Châteaufort.
Risques naturels et technologiques
Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de La Motte-du-Caire auquel appartient Valernes est en zone 1a (sismicité très faible mais non négligeable) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques, et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Valernes est également exposée à trois autres risques naturels :
- feu de forêt,
- inondation,
- mouvement de terrain.
La commune de Valernes est de plus exposée à un risque d'origine technologique, celui de rupture de barrage. Valernes se trouve dans la zone d'inondation spécifique du barrage de Serre-Ponçon, c'est-à-dire que la disparition brutale de ce barrage provoquerait une crue supérieure à la plus haute crue possible de la Durance. Concrètement, en cas de rupture, l'onde de submersion mettrait environ deux heures à parvenir à Valernes, puis le niveau de l'eau continuerait à monter pendant plus de deux heures, jusqu'à atteindre la cote de 516 m, soit l'altitude de la terrasse qui domine la vallée de la Durance. Elle remonterait également dans la vallée du Sasse. Au maximum, avant la décrue, la hauteur d'eau pourrait atteindre selon les endroits 38 à 50 mètres.
Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n'existe pour la commune et le Dicrim n'existe pas non plus.
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Toponymie
Le nom du village, tel qu'il apparaît la première fois en 739 (Corte mea Valerignaca), fait l'objet de différentes interprétations :
- selon Charles Rostaing, qui suit Skok sur ce sujet, le nom du village est tiré de celui d'un Romain, Valerinius ;
- selon Ernest Nègre, le nom du village n'est pas tiré d'un nom latin, mais germanique, Waleranus.
Histoire
Antiquité
Dans l'Antiquité, le territoire de Valernes fait partie de celui des Sogiontiques (Sogiontii), dont le territoire s'étend du sud des Baronnies à la Durance, et recouvre une partie du massif des Monges. Les Sogiontiques sont fédérés aux Voconces, et après la conquête romaine, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au IIe siècle, ils sont détachés des Voconces et forment une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron).
Des céramiques des Ier et IIe siècles ont été retrouvées au Lausis, derniers vestiges de la présence gallo-romaine à Valernes.
Moyen Âge
La localité est signalée pour la première fois dans les chartes en 739, puis à nouveau au XIe siècle. Le nom (corte, « cour », c'est-à-dire une grande villa avec une cour entourée de bâtiments) indique un grand domaine de type carolingien, dirigé par des hommes libres pour le compte de l'abbaye de Novalaise, et exploité par des esclaves ou des serfs. Quand ce domaine est cité pour la première fois, il appartient à Abbon, dernier patrice de Provence et neveu de l'évêque de Gap et de l'archevêque d'Embrun et principal personnage du sud-est de la Gaule à cette époque. Il lègue sa corte mea Valerignaca à l'abbaye de la Novalaise.
En 1069, le prieuré Saint-Heyriès (en référence à saint Arey, évêque de Gap) est donné avec la dîme et autres droits afférents à l'abbaye Saint-Victor de Marseille, ainsi que des terres. À cette époque, l'église du prieuré est aussi celle de la paroisse, jusqu'au début du XIIe siècle. Il est donné aux chanoines de Chardavon au XVe siècle. Au sud de la commune, le prieuré Saint-Didier appartient à l'abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert jusqu'au XVe siècle, quand il passe à l'abbaye Sainte-Claire de Sisteron. Le prieuré Saint-Marcellin (au lieu-dit actuel les Monges) suit le même chemin.
Aux XIe et XIIe siècles, c'est une dynastie locale qui règne sur le fief, et qui tire son nom du fief : les Valernes.
Au début du XIIIe siècle, l'habitat s'est concentré dans le village, qui forme un castrum. Valernes fait partie du douaire attribué à Béatrice de Savoie. Ensuite, les Laveno sont seigneurs du lieu (XIIIe siècle).
En 1335, la cour royale d'Aix achète la seigneurie, qui est offerte dès 1348 par la reine Jeanne, à Guillaume II Roger, frère du pape. Pour le remercier, elle érige le fief en vicomté par lettres patentes en 1350. La nouvelle vicomté comprenait les communautés de Bayons, Vaumeilh, la Motte, Bellaffaire, Gigors, Lauzet, les Mées, Mézel, Entrevennes et le Castellet, avec leurs juridictions et dépendances.
La mort de la reine Jeanne Ire ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l'Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis Ier d'Anjou. Le vicomte de Valernes, Raymond de Beaufort, se rallie aux Angevins en 1385, après la mort de Louis Ier.
En 1391, le routier Guilhin Camisard, basé à Lazer est capturé par le vicomte de Valernes, Raymond de Beaufort, et enfermé au château de Valernes, où il meurt.
Au début du XIVe siècle, le château abrite une importante activité : si le vicomte ne réside pas à Valernes, sa troisième épouse, Catherine de La Garde, y est à demeure, avec une domesticité d'une quarantaine de personnes. C'est l'époque où le château atteint son plus haut niveau de splendeur : il ouvrait par deux portes, nommées Revellin et Pascal. Il disposait d'une salle d'apparat, d'une salle d'armes, d'appartements, de pièces destinées aux réserves, au cellier, d'une boulangerie avec son four, de caves, d'écuries. Le grenier était placé sous la chambre de la vicomtesse.
La communauté voisine de Vaux, qui comptait 9 feux au dénombrement de 1315, est fortement dépeuplée par la crise du XIVe siècle (Peste noire et guerre de Cent Ans) et annexée par celle de Valernes au XVe siècle. Les deux communautés relevaient de la baillie de Sisteron.
Temps modernes
En 1561, une chapelle Notre-Dame-et-Saint-Étienne est construite dans l'enceinte du château. Le village, qui compte 90 maisons, est équipé d'un hôpital, d'écoles, plus un four et un moulin à huile.
En 1579, la vicomté de Valernes est divisée en de multiples parts, les Mas-Castellane étant les principaux bénéficiaires. Ils héritent notamment du fief de Valernes, qui reste dans leur famille jusqu'en 1625. Il passe ensuite aux Bernardi, qui le conservent jusqu'à la Révolution. Un nouveau fief est constitué à partir du prieuré de Saint-Didier, propriété de l'évêque de Gap Pierre Paparin de Chaumont, qui le fait élever au rang de fief pour son neveu, Claude de Château-Gaillard, en 1590. Le fief reste ensuite dans la famille jusqu'à la Révolution française.
Pendant les guerres de religion, le village est occupé par les protestants, et a ses murailles démolies en 1586. À la veille de la Révolution française, il existait deux fiefs sur le territoire de Valernes : le fief de Valernes proprement dit et celui de Saint-Didier, dont le siège est situé au château qui domine la Durance (d'après l'état d'afflorinement de 1783).
Révolution française
Le domaine du château Saint-Didier, des ursulines de Gap, est vendu comme bien national en .
Le château est pillé en . La société patriotique de la commune fait partie des 21 premières créées dans les Basses-Alpes, le ; elle s'affilie à la société de Marseille en août. Environ 60 à 80 % de la population masculine la fréquente. En 1793, le château est mis aux enchères pour démolition par les administrateurs du district de Sisteron, et entièrement mis à bas.
Pendant la Révolution, le prieuré Saint-Heyriès, déclaré bien national, est vendu comme tel.
Époque contemporaine
Un bac permettant de traverser la Durance existe de 1809 à 1840.
Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l'échec de l'insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : 8 habitants de Valernes sont traduits devant la commission mixte, la peine la plus courante étant la déportation en Algérie.
Jusqu'au milieu du XXe siècle, la vigne était cultivée dans la commune, uniquement pour l'autoconsommation. Cette culture a depuis été abandonnée.
Héraldique
| Blason | D'azur à un croissant d'argent, surmonté de deux étoiles d'or l'une sur l'autre. |
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|---|---|---|
| Détails | Le statut officiel du blason reste à déterminer. |
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Valernes dans la littérature
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Document créé le 03/01/2018, dernière modification le 14/02/2026 c20260221-193325
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